Comprendre et connaître le mal de l’altitude

Par Pascal Daleau le  sous Aventures

Le trekking et l’alpinisme se sont développés rapidement autour de la planète au cours des dix dernières années. Ces mots évoquent pour beaucoup d’entre nous des paysages d’une rare beauté ou l’expérience d’un dépassement de soi aux plans physique et psychologique.  L’aventure quoi!

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Aller en altitude, toutefois, signifie aussi une réduction de la densité de l’air, et donc de l’oxygène, ce qui implique nécessairement physiologiques : certains sont évidents, comme l’augmentation du rythme et de l’amplitude de la respiration (l’hyperventilation) et l’accélération du rythme cardiaque alors que d’autres sont moins évidents, comme la production accrue de globules rouges ou l’amélioration de l’efficacité cellulaire à produire de l’énergie avec moins d’oxygène.

Le manque d’oxygène, une situation tout à fait inhabituelle, provoque un véritable bouleversement physiologique et certains mécanismes de l’acclimatation ont des effets secondaires. Par exemple, l’hyperventilation produit une élimination accrue de CO2, ce qui provoque une augmentation du pH sanguin, un effet qui se répercute sur tous les organes, en particulier sur le débit de circulation sanguine au cerveau.

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Le mal aigu des montagnes

Ces effets jouent un rôle important dans le déclenchement du mal aigu des montagnes (MAM) dont les symptômes affectent environ la moitié des personnes qui montent au-delà de 4000 m d’altitude. Sans entrer dans les détails, un MAM non traité peut dégénérer en œdème cérébral de haute altitude et l’hypoxie peut provoquer un œdème pulmonaire de haute altitude, deux pathologies potentiellement mortelles. Même si l’on ne connait pas tout sur les mécanismes de l’acclimatation, on en sait suffisamment pour en comprendre les éléments essentiels et agir de manière logique et sécuritaire en cas de problème d’acclimatation.

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Au début des années 2000, à peine 15% des trekkeurs en savaient assez le MAM pour le traiter adéquatement et  beaucoup de décès sont survenus en raison de cette ignorance… Deux études scientifiques récentes publiées dans la revue High Altitude Medicine and Biology indiquent qu’au Népal, la situation s’est un peu améliorée, et l’incidence du MAM a été réduite de 25 p. cent grâce à un meilleur accès à l’information et à des profils d’ascension plus progressifs (cette amélioration est moins évidente dans d’autres régions du monde comme en Amérique du Sud). Cependant, peu de gens savent à quel moment il faut traiter le MAM et plus de quarante p. cent ne connaissent ni les symptômes de l’œdème cérébral de haute altitude ni ceux de l’œdème pulmonaire de haute altitude, qui représente la première cause de mortalité d’origine pathologique en altitude.

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Chercheur de profession et pratiquant l’alpinisme depuis l’âge de 18 ans, j’ai développé une expertise en médecine de haute altitude depuis plus de 10 ans. Mon souci est d’informer et éventuellement d’accompagner les personnes qui partent en altitude, de manière à ce qu’elles comprennent le phénomène de l’acclimatation et qu’elles adoptent de bons comportements en cas de problèmes de MAM, d’œdème cérébral ou d’œdème pulmonaire. Ce rôle s’est en développé en 2014, lors de ma participation officielle comme conseiller en médecine de haute altitude et guide pour Terra Ultima.  J’ai, depuis, accompagné trois groupes pour cette compagnie qui ne fait pas de compromis sur l’acclimatation. Aucune de ces 54 personnes accompagnées n’a été en situation de MAM, ce qui permet de penser que la construction des itinéraires, la formation des guides de Terra Ultima et le suivi du processus d’acclimatation ont été effectués de manière optimale.

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Par Pascal Daleau