Rhinocéros à deux heures !

Par Eric Kirouac le  sous Aventures

Apparu au tournant d’un buisson, un rhino, droit devant nous. Tous, dans le silence, l’observons. Il en fait de même avec nous. Soudainement, au loin, on entend des pas s’approcher, et quelques secondes plus tard, juste derrière ce nouvel ami, sortent du « bush » deux autres rhinos ayant sans doute senti notre présence, et qui viennent faire front commun avec le premier. Un duel entre nous et ces trois mastodontes s’engage. Cette scène, qui peut sembler sortie tout droit d’un documentaire du National Geographic, se passe 40 pieds devant nos yeux. Nous ne sommes pas assis dans un jeep de safari ou à l’abri derrière une clôture, mais bien à pied, loin de la route, de toute civilisation, au milieu du « bush » africain, dans le parc d’Imfolozi. Nous sommes au jour 2 de notre safari à pied de trois jours et deux nuits dans un parc du Kwazulu Natal en Afrique du Sud.

Comparé au fameux parc National de Kruger, à peine 300 km plus au nord, mais 20 fois plus petit, le parc d’Imfolozi possède l’une des plus grandes concentrations de rhinocéros de la planète. Et vos chances d’en apercevoir sont de 99.9%. Et oui, j’ose l’écrire. D’ailleurs, ce petit parc de moins de 1 000 km carrés (2 fois l’île de Montréal) a la chance d’héberger les fameux « big five » (rhinocéros, lion, buffle, éléphant et léopard). Et dire que nous le parcourons à pied. Quel bonheur, quel sentiment de liberté !

 

 

Quelques minutes plus tard, au tournant d’un autre buisson, nous tombons face à face avec un buffle, trop occupé à se badigeonner allègrement le corps d’une boue visqueuse qu’il ne s’aperçoit pas de notre présence. Pendant plus de cinq minutes au moins, nous l’observons batifoler dans cette marre, sans qu’il s’aperçoive de notre présence. Comme notre chemin nous amène tout près de sa marre, nous l’avisons de notre présence d’un petit « hum hum ». Il se lève, nous observe deux secondes et déguerpit dans le bush en direction opposée. Voilà un autre exemple d’une rencontre animalière faite aux « premières loges », moments de magie qui se répéteront avec des girafes, des zèbres, des antilopes, et d’autres animaux observés lors de ce mémorable safari à pied.

Au campement, à l’heure du souper, assis autour du feu à contempler les étoiles, un bruit soudain de branches qui craquent résonne à nos oreilles. Ce son vient de près, très près. En moins de deux, les lampes frontales s’allument, et qui va là à moins de 20 pieds de nous, un immense éléphant mâle qui tout bonnement a décidé, par curiosité, de passer par notre campement. Mais comment une masse de 3,5 tonnes a pu s’approcher si près de nous en faisant si peu de bruit ? Bienvenue dans l’univers du camouflage et du monde furtif, c’est ça l’aventure avec Terra Ultima.